Comment financer son projet éditorial grâce au crowdfunding ?

Binôme : édition et crowdfunding
Jeudi 23 janvier 2014 à 18h30

Comment financer son projet éditorial grâce au crowdfunding ?

Afin de comprendre l’évolution des métiers de l’édition avec la transition numérique, le Labo de l’édition a initié en 2012 les binômes, formats de discussions dédiés à la mise en regard des savoir-faire du papier et des pratiques numériques.

Les métiers de l’édition évoluent, les binômes aussi : le Labo de l’édition braque cette année son projecteur sur les nouvelles collaborations qui président aujourd’hui à la conception des livres.

Ce binôme est dédié à l’apparition d’un nouveau type d’acteur dans la chaîne de l’édition : les plateformes de crowdfunding ou de financement participatif, vers lesquelles les éditeurs se tournent de plus en plus naturellement pour financer un projet éditorial innovant.

Pour débattre des liens nouveaux entre édition et crowdfunding, le Labo de l’édition invite :

Alexandre Boucherot, co-fondateur de la plateforme de crowdfunding Ulule @cemonsieur

Marc Frachet, auteur, concepteur et éditeur transmédia. A financé la production du projet Incarnatis grâce à une campagne sur Ulule @mcfrachet @incarnatis

David Meulemans, éditeur, fondateur des éditions Aux Forges de Vulcain. A financé l’édition française de la bande-dessinée underground Das Kampf grâce à une campagne sur Kiss Kiss Bank Bank @forgesdevulcain

Au cours des exposés et du débat seront abordées les questions suivantes :

Comment financer un projet éditorial grâce au crowdfunding ?

Comment garantir le succès d’une campagne, comment recruter des participants (community management, choix des contreparties)?

Que peut apporter une campagne de crowdfunding à l’éditeur au-delà des fonds nécessaires (communauté de lecteurs, communication)?

Y a-t-il beaucoup de projets d’édition parmi les projets déposés sur les plateformes de crowdfunding, par rapport à d’autres types de produits culturels ? Quels types de livres (SF, BD, cuisine, littérature ?) sont les plus faciles à financer ?

Réécoutez le podcast de la conférence sur soundcloud

A lire : le compte-rendu

Les nouvelles règles du crowdfunding pour séduire les particuliers

FINANCE – Ce mercredi, en conseil des Ministres, Arnaud Montebourg a dévoilé le projet de réforme de la réglementation du crowdfunding …

«Passer par une plateforme de crowdfunding facilite la création d’une communauté autour de son projet, sans compter qu’il incite à la transparence, les coûts étant détaillés dans le cadre de la campagne». Comme Alix Heuer, porteuse du projet We Talk, sur la plateforme Ulule, le financement participatif séduit de plus en plus d’entrepreneurs en France. Mais  il manquait encore un cadre légal à ce nouveau type de financement utilisant Internet pour mettre en relation créateurs et les investisseurs. Cela sera bientôt chose faite alors que le ministre de l’Economie Arnaud Montebourg présentait une ordonnance ce mercredi en Conseil des ministres, avant  parution des décrets d’application début juillet.

«La réglementation française va évoluer pour être au meilleur niveau international», affirme le ministre, qui vient de présenter une ordonnance proche de la feuille de route proposée par l’ancienne ministre déléguée au numérique, Fleur Pellerin en février. «C’est une avancée pour la France par rapport aux autres pays, sur le plafond des fonds levés et le cadre juridique», analyse Olivier Nishimata, rédacteur en chef de Dynamique Entrepreneuriale. Si le financement participatif n’est plébiscité que par 31% des Français, selon un sondage dévoilé ce mercredi par 20 Minutes, 80 millions d’euros en dons, prêts et investissements -les trois formules- ont tout de même été collectés par les diverses plateformes françaises en 2013. Gros plan sur les nouveautés prévues dans la nouvelle ordonnance.

>Pour les plateformes. On leur reconnait un statut juridique, de conseiller en investissement participatif ou d’intermédiaire en investissement participatif pour les prêts. «Le conseiller à l’investissement va permettre aux internautes de s’assurer de la qualité des projets proposés par la plateforme, d’autant que le nombre d’acteurs ne va cesser d’augmenter dans les années à venir, de plus de 300 aujourd’hui à plus de 4.000», affirme Olivier Nishimata. «Jusqu’à présent, le statut était une zone grise», explique Joachim Dupont, président d’Anaxago, site dédié aux levées de fonds à destination des PME et start-up.

>Pour les porteurs de projets, les plafonds de levées de fonds sont montés à 1 million d’euros contre 300.000 euros jusqu’à présent. Une véritable aide supplémentaire. Pour Pierre Doléans, fondateur de Hank, projet de restaurant bio, passé par la plateforme KissKissBankBank, «le crowdfunding est un gros coup de pouce qui aide à se faire connaître». Toutefois, les investisseurs ne pourront pas mettre au pot plus de 1.000 euros pour «diversifier le risque», explique Bercy. «Limiter à 1.000 euros par personne reste préjudiciable pour l’entrepreneur qui peut se retrouver avec des milliers d’investisseurs à bord de sa structure, précise Olivier Nishimata. Il sera donc nécessaire de l’augmenter».

Bibliorattus en quelques mots…

Bibliorattus,

Bannière-slogan-BIBLIORATTUS

Bibliorattus est une centrale d’achat pour la création littéraire (livres, scénarios, textes de chansons, romans…) communautaire avec financement participatif, permettant aux auteurs et aux éditeurs d’effectuer des prestations de services avec des professionnels. Bibliorattus se positionne donc, comme un facilitateur de carrière permettant l’émergence de nouveaux talents tout en sauvegardant leurs intérêts, car ils conservent l’ensemble de leurs droits (d’auteur, exploitation et de commercialisation)

 Bibliorattus intervient sur l’ensemble des prestations de lancement d’un ouvrage, sans contrepartie sur leurs droits.

L’auteur indépendant a besoin de trésorerie, mais tout comme l’éditeur d’ailleurs pour effectuer les étapes obligatoires d’un lancement littéraire : correction, graphisme, impression, promotion, traduction, diffusion, distribution et si c’est possible, adaptation au cinéma.

 La création d’une association pour les auteurs en autoédition, à côté de la société Bibliorattus permet aux auteurs adhérents d’accéder à un contrat de distribution avec des conditions de groupe, jusqu’à alors inaccessible aux auteurs isolés et indépendants qu’ils soient écrivains, scénaristes, poètes, romanciers, auteurs de textes de chansons… 

 Le crowdfunding ou financement participatif est le système choisit par Bibliorattus pour permettre à des auteurs de financer leur lancement dans des conditions égales aux grandes maisons d’édition, qui notons-le se mettent également au financement participatif via quelques plateformes connues.

 Les auteurs peuvent aussi trouver leurs publics dans les meilleures conditions tout en conservant l’ensemble de leurs droits (auteur, exploitation, distribution, adaptation, etc…)

 Les lecteurs acceptent de contribuer à ce parcours sur Bibliorattus, parce qu’ils souhaitent échanger, partager et suivre la carrière d’un auteur depuis la première phase sans les contraintes d’une politique d’engagement et en favorisant le partage direct que nous nous privilégions chez Bibliorattus.

 Les auteurs et bienfaiteurs sont ainsi considérés comme le groupe-conseil qui suivra l’auteur jusqu’à la réalisation de l’œuvre dans sa version finale et aboutie, participant ainsi à la chaîne du livre et de la création littéraire.

 Bibliorattus n’a pas de contrôle sur les éventuels contrats annexes que les auteurs pourraient contracter avec leur groupe de bienfaiteurs… Ainsi, l’auteur aura le loisir de créer un retour sur investissement aux bienfaiteurs qui auront effectué un don substantiel. Ce contrat sera à la discrétion de chaque auteur !

Car rappelons-le encore, Bibliorattus est un facilitateur, et non un éditeur…

Soutenez la cause des auteurs indépendants sur :

www.bibliorattus.com

 

Parlez en sur Facebook :

https://www.facebook.com/bibliorattus

Nouvelle version de l’Extranet du Dépôt légal

Bibliothèque nationale de France
Extranet du Dépôt légal – Nouvelle version mars 2014

Madame, Monsieur,

Je vous informe qu’une nouvelle version de l’Extranet du Dépôt légal sera mise en ligne lundi 17 mars, ce qui rendra l’application momentanément indisponible dans la matinée. Veuillez, s’il vous plaît, nous excuser de cette interruption.

Avec cette nouvelle version, la page d’accueil a été modifiée pour vous faciliter l’accès aux formulaires de déclaration. D’autre part, la sélection des déclarations pour éditer un bordereau de livraison a été étendue aux fonctions d’export et d’impression.

L’Aide en ligne a été mise à jour.

Je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, mes meilleures salutations.

Virginia Latrobe
Chargée de mission Extranet du Dépôt légal
Département du Dépôt légal
Bibliothèque nationale de France
depotlegal.editeur@bnf.fr

Le Crowdfunding en France

Vers une nouvelle réglementation du crowdfunding en France

Le Crowdfunding (littéralement, financement par la foule) ou « financement participatif » est Le mode de financement alternatif à la mode. Déjà bien implanté outre-Atlantique, grâce notamment au Job Act du Président Obama promulgué en 2012 et destiné à favoriser le financement des Start-ups et des TPE/PME, il ne se passe plus une semaine sans qu’un ou plusieurs médias en parle. Tel chanteur, pièce de théâtre, ONG, Projet Humanitaire, campagne politique, collectivité territoriales Collectivité territoriales ou autre financée par le CrowdFunding ! Le CrowdFunding permet de financer un projet (financer une innovation) ou soutenir une cause, là où désormais les circuits financiers traditionnels ne répondent plus entièrement. Mais si l’engouement pour cette forme d’investissement ne se dément pas c’est que la finance participative répond à des tendances sociétales fortes qui combinent l’utilisation croissante d’internet et des réseaux sociaux ainsi qu’une forte aspiration à plus de sentiments d’appartenance, de proximité voire de passion.

Un mode de financement en pleine expansion

Le marché du Crowdfunding dans le monde a eu une croissance de 81% en 2012, pour un volume total de 2,7 milliards de dollars. Ce chiffre est à rapprocher d’une croissance de 64 % du secteur en 2011.

La répartition géographique était la suivante : le marché d’Amérique du Nord et l’Europe représente à eux-seuls 95% des parts de marchés. En détail, la part de l’Amérique du Nord représentait 1,606 milliards de dollars, soit une augmentation de 65 % par rapport à 2011 L’Europe affiche une part significative de 945 millions de dollars, mais avec un taux de croissance plus faible de 42%, dû à la réglementation européenne. Dans le détail, le marché mondial du Crowdfunding a été principalement tiré par le marché des prêts ainsi que celui des dons/récompenses. Ainsi, le secteur du prêts a augmenté de 111 % pour un total de 1,2 milliards de dollars alors que le secteur du dons/récompenses lui a augmenté de 45 % sur la même période pour un volume global de 979 millions de dollars.

Pour finir, le volume de collectes pour 2013 est attendu en hausse de 88% à 5,1 Mrds de dollars toujours tirés principalement par les prêts (2,1 Mrds de dollars) et les dons/récompenses (2,8 Mrds de dollars). Il est donc indéniable que le mouvement de croissance de la part du financement via le crowdfunding s’accélère dans l’ensemble des pays. Selon l’association Financement Participatif France, le « crowdfunding » a permis de lever, tous secteurs confondus, 40 millions d’euros en France en 2012. Le montant pourrait doubler en 2013 mais resterait encore une goutte d’eau par rapport aux 2,7 milliards de dollars collectés dans le monde l’an passé.

De nombreux pays en Europe s’intéressent à ce phénomène.

  • Le gouvernement Cameron a déclaré son support au Crowdfunding,
  • L’Italie a passé un décret pour le Crowdfunding des entreprises numériques,
  • La Belgique s’est dotée d’une réglementation ad hoc.

Le commissaire européen, monsieur Michel Barnier s’est aussi emparé du sujet.

Il déclare le 7 juin 2012: « Crowdfunding could become a vital source of potentiel funding for growth, social and cultural innovation in Europe ».

Mais c’est certainement en France où grâce à un lobbying actif et à l’écoute des pouvoirs publics que la réflexion a le plus progressé. Ainsi dès le 6 février 2013, Fleur Pellerin, à l’occasion du Salon des Entrepreneurs de Paris lançait un groupe de travail sur les possibilités d’adapter la réglementation dans le domaine de la finance participative afin de faciliter le développement de ce nouveau mode de financement

Le 14 mai 2013, un document conjoint de l’ACP (autorité de contrôle prudentiel) et de l’AMF (autorité des marchés financiers) ont souhaité clarifier le cadre réglementaire actuel d’exercice de cette activité, afin d’en améliorer la lisibilité et la compréhension par les opérateurs et par le public

Le 4 septembre 2013, Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances dessinait les contours d’un projet de loi destiné à assouplir le cadre réglementaire du financement participatif qui comprendrait :

  • la création d’un nouveau statut de conseiller en financement participatif,
  • la possibilité de distribuer des crédits et de participer au financement des entreprises en fonds propres ouvrant ainsi une brèche dans le monopole bancaire.

Il déclare souhaiter agir vite.

Le gouvernement vient de franchir une étape significative

Par la voix de Fleur Pellerin, le gouvernement a annoncé le 30 septembre des mesures désormais concrètes et précises qui donnent le véritable coup d’envoi au crowdfunding en France en ouvrant des brèches importantes dans la réglementation par un assouplissement du monopole bancaire, un élargissement des conditions d’appel publique à l’épargne et la création d’un nouveau statut de conseiller en gestion participatif (CIP).

Certes, les principales mesures sont soumises à consultation et à échange jusqu’au 15 novembre 2012 et il faut rester prudent sur les propositions faites.

Les mesures phares peuvent être résumées comme suit :

  • Permettre le financement de prêts par des particuliers aux particuliers lorsque le volume des paiements ne dépasse pas 3 millions d’euros par mois- ce qui laisse de la marge pour de nombreuses plates-formes- et sous la double conditions qu’aucun particulier ne consacre plus de 250 € par personne et par « projet » au même financement Il conviendra cependant d’être agrée comme établissement de paiement ; Le capital minimum exigé ne serait toutefois que de 40 000 €, montant sommes toutes accessible en cas de création d’une plate–forme.
  • Autoriser le financement en fonds propres d’entreprises, certes pour des montants limités à 300 k€, mais sans exigence comme aujourd’hui d’un capital minimum règlementaire de 730 k€ et d’un agrément bancaire. Il suffira alors de disposer du statut de conseiller en investissement participatif ( CIP) et de respecter un certain nombre de règles de bon sens comme par exemple la sélection préalable des clients ou la réalisation de due diligence minimales. Seul inconvénient : les Conseillers en investissement financier (CIF) devront choisir : ils ne pourront pas devenir CIP et demeurer CIF.
  • Permettre de faire « appel publique à l’épargne » sans avoir à émettre un prospectus validé par l’AMF dès lors que le projet financé ne dépassera pas 300 000 euros pour un même émetteur, contre 100 000 € aujourd’hui sur 12 mois consécutifs.

Tout ceci mérite encore d’être précisé et devrait encore évoluer mais d’ores et déjà les mesures envisagées ouvrent de belles perspectives pour l’avenir du crowdfunding en France. En tous les cas, le gouvernement est décidé à agir vite.

Conclusion : Le gouvernement donne le vrai coup d’envoi du crowdfunding en France

La mise en place effective de ces mesures permettra de favoriser le développement du marché du crowdfunding pour le plus grand bonheur des porteurs de projets en quête de financements alternatifs, des investisseurs en recherche d’autres formes de placements ou des donateurs souhaitant soutenir des projets porteurs de sens.

Même si la route promet d’être longue, toutes les conditions semblent maintenant être réunies pour assister à l’émergence d’une nouvelle et véritable industrie du financement dans laquelle la France tient déjà une forme de leadership en Europe.

Détail du texte soumis à consultation pour une nouvelle réglementation du CrowdFunding en France accessible sur le site de l’AMF.

Le Livre

Création

L’auteur écrit le texte. S’il s’agit d’une œuvre de collaboration, il peut y avoir plusieurs auteurs.

L’auteur cède en général les droits d’exploitation de son œuvre à une maison d’édition, qui se charge de la diffuser.

  • En France, l’auteur ne cède pas ses droits intellectuels, qui sont inaliénables.
  • C’est la principale différence avec le régime du copyright anglo-saxon, où l’auteur peut céder par contrat l’œuvre elle-même, qui devient de ce fait la propriété de la maison d’édition.

Production

La production européenne de livres augmenta entre 500 et 1800 d’un facteur supérieur à 70 000.

L’éditeur a trois fonctions : intellectuelle, économique et technique.

Il sélectionne, parmi les nombreux manuscrits qu’il reçoit, ceux qu’il juge dignes d’être publiés, éventuellement après modification ou adaptation. Ce jugement se fonde sur les qualités qu’il trouve au texte, mais aussi sur le succès qu’il suppose que connaîtra le livre et donc sur la rentabilité de l’opération éditoriale. Lorsque l’éditeur pense qu’il y a un marché pour un certain type de livre, c’est lui qui peut rechercher un auteur auquel il passera une commande d’écriture.

L’éditeur, au nom de sa maison d’édition, prend l’essentiel du risque financier de l’édition (mise en page et maquette, traduction si nécessaire, impression et diffusion) et en partage les bénéfices entre l’auteur, le distributeur, et le libraire.

Avec le chef de fabrication, il coordonne tous les acteurs de la réalisation du livre : l’auteur, le correcteur, l’imprimeur et le façonnier ou relieur industriel.

Maintenant, les livres peuvent être envoyés directement à des maisons d’édition sur internet comme livre numérique. Certaines sont gratuites et d’autres payantes.

Commercialisation

Livre Ouvert 2.jpg

Une fois le livre réalisé (imprimé, relié…), il est mis dans le commerce par le diffuseur, le distributeur et la librairie. Parallèlement, sa promotion est assurée auprès des divers médias concernés. La commercialisation du livre est régie par la loi dans de nombreux États.

- En France, il s’agit de la loi de 1981 dite Loi Lang, qui instaure le prix unique du livre. En effet, l’éditeur doit fixer le prix de son livre (avec marquage du prix au dos, obligation peu souvent respectée[réf. nécessaire]), le point de vente (librairie ou surface spécialisée) et personne ne peut vendre le livre à un prix différent (supérieur ou inférieur), excepté une remise maximum de 5 % (effectuée directement à la caisse ou sous forme de carte de fidélité), et de 9 % pour les collectivités (exemple : les bibliothèques).

La loi Lang est présentée par certains comme une première loi de développement durable, car en près de 25 ans elle aurait permis de maintenir un tissu de librairies indépendantes, une production éditoriale de qualité (environ 25 000 nouveautés par an), et un prix abordable du livre (avec même une baisse de valeur en 1981).

Le diffuseur est chargé de la promotion du livre. Il organise des campagnes promotionnelles, s’assure de la mise en place du livre dans les différents points de vente et du réassort.

Le distributeur a un rôle logistique. Il gère le stock de livres pour le compte de l’éditeur. Il dispose généralement d’entrepôts situés dans des zones industrielles, où le terrain est moins cher. C’est lui qui reçoit et expédie les commandes et se charge de la facturation. Depuis les années 2000, il se charge également de reprendre les invendus des livres « événementiels » et de les détruire, car leur stockage coûterait plus cher que leurs bénéfices.

La librairie vend directement au public, mais aussi aux bibliothèques, qui offrent un accès non marchand au livre.

La diffusion est actuellement en plein changement de par l’émergence de nouvelles pratiques : la voie électronique et plus particulièrement internet. Celui-ci est en train de devenir progressivement un mode privilégié dans l’achat et la vente de livres. Les livres sont alors directement proposés aux clients et certaines compagnies importantes, comme Amazon.com, ou Google proposent aujourd’hui des ouvrages rapidement consultables et immédiatement téléchargeables, contournant ainsi le système classique de diffusion.

Le club de livres est une autre forme de diffusion où les adhérents reçoivent périodiquement à domicile des propositions d’achat de titres ayant fait l’objet d’éditions particulières par des entreprises spécialisées comme le Grand Livre du Mois, Jean de Bonnot ou le célèbre Club français du livre aujourd’hui inactif.

Autres modes de diffusion secondaires

Depuis quelques années, le livre connaît une seconde vie sous la forme de lecture à voix haute. Il s’agit alors de lectures publiques d’ouvrages déjà publiés et ce, avec le concours de lecteurs professionnels (souvent des acteurs connus) et en étroite collaboration avec les écrivains, les éditeurs, les libraires, les bibliothécaires, les animateurs du monde littéraire et les artistes.

De nombreuses pratiques individuelles ou collectives existent permettant d’augmenter le nombre de lecteurs d’un livre. Parmi celles-ci :

  • l’abandon de livres en des lieux publics, couplés ou non avec l’utilisation d’internet, connu sous le nom de bookcrossing ;
  • la mise à disposition gratuite de livres dans des tiers-lieux de type bars ou cafés ;
  • les bibliothèques ambulantes ou temporaires ;
  • les bibliothèques libres dans l’espace public (exemple du projet franco-allemand BücherboXX-BliblioboXX dans les anciennes cabines téléphoniques).

Évolution de la chaîne du livre

Cette forme de la chaîne du livre n’a guère varié depuis le XVIIIe siècle, et n’a pas toujours existé de cette manière. Ainsi, l’auteur s’est affirmé progressivement avec le temps, et le droit d’auteur ne date que du XIXe siècle. Pendant de nombreux siècles, et notamment avant l’invention de l’imprimerie, chacun recopiait librement les livres qui passaient entre ses mains, en y ajoutant le cas échéant ses propres commentaires. De même, les métiers de libraire et d’éditeur ne sont apparus qu’avec l’invention de l’imprimerie, qui a fait du livre un produit industriel, nécessitant des structures de production et de commercialisation.

 

L’invention de l’Internet, des liseuses électroniques, des tablettes  sont susceptibles de faire évoluer fortement la chaîne du livre dans les années à venir.

La « chaîne du livre »

  1. La création. L’auteur rédige son œuvre. Il peut le faire de sa propre initiative ou sur commande d’un éditeur. Une fois terminée, l’œuvre est remise sous la forme de manuscrit à un éditeur(s). S’il le propose à plusieurs éditeurs il peut être considéré comme faisant de l’auto-plagiat. Il a par contre la possibilité de proposer à un autre éditeur si le premier éditeur a refusé de publier son œuvre.
  2. De l’auteur à l’éditeur. Le manuscrit est reçu par l’éditeur. L’éditeur conclut un contrat d’édition avec l’auteur. C’est ce que l’on appelle la publication à compte d’éditeur. Elle ne donne lieu, de la part de l’auteur, à aucun versement d’argent. L’éditeur, en revanche, peut verser un à-valoir à l’auteur, qui représentera une avance sur les droits que ce dernier percevra sur les ventes du livre. Cette avance est généralement « remboursable », c’est-à-dire que l’auteur ne percevra à nouveau de l’argent de l’éditeur qu’une fois que l’avance aura été « remboursée » par les droits d’auteur. Si, par exemple, l’auteur se voit garantir un taux de 10 % sur le chiffre d’affaires net hors taxe de la vente de son ouvrage, il percevra, pour 1 000 exemplaires vendus et un prix de vente hors taxe (sans la TVA, qui est de 5,5 % sur les livres) de 14 euros : 1 000 x 14 x 10 % = 1 400 euros. Admettons que l’éditeur ait versé à l’auteur à la signature du contrat une avance « remboursable » de 1 000 euros, l’auteur ne percevra plus que 400 euros. En revanche, les contrats d’édition prévoient la plupart du temps que les à-valoirs restent acquis à l’auteur, quoi qu’il arrive. Si, donc, l’ouvrage que nous avons pris en exemple ne se vend qu’à 500 exemplaires, et que l’auteur ne doit percevoir que : 500 x 14 x 10 % = 700 euros, alors qu’il a perçu à la signature du contrat une avance de 1 000 euros, il ne devra rien à l’éditeur.
  3. De l’éditeur à l’imprimeur. L’auteur remet son manuscrit définitif à l’éditeur. L’éditeur procède à une première lecture. Il peut demander à l’auteur de réécrire tout ou partie de son œuvre. Il peut aussi effectuer des changements lui-même et les soumettre à l’auteur pour approbation. Il peut déléguer tout ou partie du travail à un assistant d’édition. Il s’agit à ce stade de préparer la copie. Puis le texte part à la correction. Un correcteur pointe les erreurs de grammaire, de syntaxe, d’orthographe du texte. Ensuite intervient un maquettiste, qui effectue la mise en page et intègre si nécessaire les éléments fournis par l’éditeur (bibliographie, index, sommaire, notes…), en respectant la feuille de style de la maison d’édition ou de la collection dans laquelle le livre est publié (grosseur des caractères, police, foliotage, etc.). En général, l’éditeur a fourni au maquettiste un « chemin de fer », c’est-à-dire un plan page à page de l’ouvrage. Une fois prêt, le livre est à nouveau relu (la lecture sur épreuve) par l’auteur et par un correcteur. L’auteur signe ensuite un bon à tirer qui valide la version finale. En parallèle, l’éditeur a travaillé sur le projet de couverture, avec un photographe ou un illustrateur, et un graphiste. Il a aussi rédigé la quatrième de couverture (le texte qui apparaît au dos du livre).
    Dans certains cas la responsabilité de la maquette est confiée à de véritables artistes qui disposent d’une grande liberté de création (Pierre Faucheux, Massin…).
  4. L’impression. En amont, l’éditeur et le chargé de fabrication ont déterminé ensemble la qualité du papier, son grammage, le procédé à utiliser pour la reliure, ainsi que l’imprimeur auquel il sera fait appel, à qui un devis, garantissant des délais de livraison, a en général été demandé. Une fois que le bon à tirer a été signé, le fichier informatique du livre est envoyé à l’imprimeur qui sort une première copie (appelé traceur, ozalid, ou Cromalin). Le format PDF est devenu, en grande majorité, le format d’échange, entre l’éditeur et l’imprimeur. Les dernières corrections sont apportées afin de valider l’impression finale. La quantité du tirage et les choix d’impression (papier, couverture, matériaux divers et qualité de l’impression) sont définis par l’éditeur en fonction du public concerné et du tarif de l’ouvrage.
  5. La commercialisation. Entre trois et six mois avant la sortie de l’ouvrage, l’éditeur l’a présenté à son diffuseur. Le diffuseur est une société spécialisée dans le démarchage et la prise de commandes auprès des libraires et des grandes chaînes de diffusion de livres (Fnac, Virgin, Cultura pour les principales enseignes spécialisées, supermarchés et hypermarchés pour le reste). Ces opérations s’effectuent par l’intermédiaire d’un « collège » (une équipe) de représentants (des agents commerciaux spécialisés dans le livre). L’éditeur rencontre le diffuseur plusieurs fois par an, pour présenter son programme et convaincre les représentants de défendre les livres qu’il va publier. Parfois, il est demandé à l’auteur de venir présenter son œuvre devant le diffuseur, pour qu’il ait l’occasion de se faire connaître, de parler de son livre, et de répondre aux questions des représentants, qui anticipent bien souvent les questions des libraires. Une fois les libraires démarchés et les commandes prises, les livres sont acheminés par le distributeur, par camion ou par courrier. À noter qu’une partie des livres placés par le diffuseur ne font l’objet d’aucune commande. Ils sont envoyés automatiquement par le diffuseur au libraire. C’est ce que l’on appelle l’office. Cette pratique, très utilisée pour forcer le lancement d’un livre à gros tirage, est en régression, sous la pression des libraires. Les commandes des libraires sont appelées les « notés ». Le total de l’office et des notés forme ce que l’on appelle la « mise en place » d’un livre. Une fois la commande prise et le livre expédié au libraire, il est disposé dans les rayons, où les clients peuvent l’acheter. Mais si le livre ne se vend pas, le libraire a une faculté de retour : il peut retourner l’ouvrage à l’éditeur, dans un délai déterminé. Tout cela donne lieu à un jeu de facturation très complexe, et à des coûts importants. Le libraire peut consentir une ristourne à ses clients, mais celle-ci en France ne peut être supérieure à 5 % du prix de vente, en application de la loi Lang. C’est ce que l’on appelle le prix unique du livre. Ses défenseurs arguent du fait que cette disposition protège l’éditeur et le libraire, et toute la chaîne du livre.

Devenez Mécène !

Par mécénat, on entend le fait d’aider et peut être par la suite de promouvoir des arts et des lettres par des commandes ou des aides financières privées, que le mécène soit une personne physique ou une personne morale, comme une entreprise. Dans une acception plus large, il peut s’appliquer également à tout domaine d’intérêt général : recherche, culture, éducation, environnement, sport, solidarité, innovation, etc.

Au cœur du mécénat se développe de plus en plus le mécénat d’entreprise qui se définit comme un soutien financier, humain ou matériel apporté sans contrepartie directe par une entreprise, mais aussi grâce à la générosité de certains milliardaires.

En fiscalité et en comptabilité, il est considéré comme un don. Concrètement, le mécénat bénéficie d’un régime fiscal avantageux dans la mesure où il existe une disproportion marquée entre le versement et les contreparties reçues. Le mécénat n’est cependant pas à confondre avec le parrainage qui demande – à l’inverse – une contrepartie.

En France, de la monarchie à la République, en passant par l’Empire, l’art a longtemps été avant tout une affaire d’État. Selon Guy de Brébisson, aujourd’hui, la légitimité du mécénat demeure moindre en France qu’aux États-Unis, même si les mentalités ont nettement évolué depuis les années 1980. Il reste majoritairement une pratique des grandes entreprises, mais la participation des PME n’est plus négligeable au niveau local et régional. Les entreprises de province ne représentaient que 12,5 % des entreprises-mécènes en 1985, mais 41 % au début des années 1990.

En 1994, le poids du mécénat d’entreprise en France était évalué à 800 millions de francs, alors que le budget du ministère de la culture, hors grands travaux, s’élevait à 13 milliards et demi de francs (1 % environ du budget de l’État). Les dépenses des collectivités locales représentent près du double.

En 2008 en France, les actions de mécénat des entreprises de plus de 20 salariés étaient évaluées à 2,5 milliards d’euros. Cette somme était répartie entre la culture (40 %), la solidarité (32 %), l’environnement (15 %), la recherche (9 %) et le sport (5 %). La part apportée par les entreprises à la culture (près d’un milliard d’euros) représente donc 44 % des contributions financières du ministère de la Culture en 2008.
Mécénat environnemental : Il se développe depuis les années 1990, notamment dans le cadre du verdissement des entreprises, avec des risques de greenwashing. Une Mission Mécénat d’Entreprise existe au ministère chargé de l’écologie, qui a publié un guide pratique, juridique et fiscal du mécénat environnemental a été publié par le Commissariat général au développement durable

En 2010, le ministre français de la Culture de l’époque Frédéric Mitterrand souligne que « la responsabilité de l’État et des pouvoirs publics en général n’est pas seulement de financer la vie culturelle, mais d’encourager les initiatives de la société civile ».